La Convention

Tenir la promesse de la France

Aux Françaises et aux Français

Que vous ayez consenti à ouvrir cette lettre, dans une époque qui n’invite plus guère à lire les mots publics, est un geste dont je voudrais d’abord vous remercier. La parole politique s’est abîmée au fil du temps, saisie par le mal du soupçon préalable. Qu’y a-t-il désormais à attendre qui n’aurait pas déjà été garanti, puis démenti, puis oublié ?

Car peu à peu, sous l’effet de la pratique récente du pouvoir, de la médiocrité des appareils, de l’emprise de l’air du temps, de l’anecdote et du ricanement dans les médias au détriment de l’analyse et des idées, tout un monde s’est mis à tourner pour lui-même. Il a fini par se détacher du pays. Alors, pourquoi parler encore ? Et qui serait plus légitime qu’un autre à le faire ? Pour déjouer ce soupçon et lui tenir tête, une saine ambition est nécessaire. Encore faut-il le courage de revenir là où la parole publique s’est perdue : non dans les calculs et les postures, mais dans la vie même des Français.

Que sera la France dans vingt ans, non pas celle des projections économiques ou des scénarios géopolitiques, mais celle, concrète, qui se joue dans nos existences ? Regardons-la à hauteur d’une vie.

Répondez-lui #JeRepondsABernard